lundi 17 octobre 2011
China Express : les photos
Pas facile de continuer à s'occuper correctement de notre blog alors qu'on nous bloque l'accès à Picasa et à notre blog lui même !
Les photos du dernier article ne sont apparemment pas passées...
Comme la dernière fois, voici donc un lien pour aller les voir ailleurs en ligne :
http://www.dropbox.com/gallery/22924853/2/PhotosBlog%20NE%20PAS%20SUPPRIMER/20111011%20-%20China%20Express?h=1b288a
Des bises à tous depuis la "petite" ville de Meishan, au Sud de Chengdu. Nous sommes enfin repartis sur la route, direction Leshan où nous allons voir un Buddha géant de 71 mètres...
Puis, si nous obtenons bien notre extension de visa, nous filerons plein Ouest dans les contreforts de l'Himalaya, avant de redescendre ensuite vers la région du Yunnan.
N'oubliez pas que vous pouvez toujours suivre notre avancée en cliquant sur le lien "Où sommes-nous ?", à gauche.
A bientôt,
Thomas et Elise
mardi 11 octobre 2011
China Express
Le voyage jusqu'à Shanghai est épique. 15 heures de train « seulement » (départ 17h, arrivée 8h...), mais le wagon est bondé. Les 118 places assises sont occupées, et au moins une cinquantaine de personnes se sont amassés en plus, le long du couloir central, devant les toilettes, ou sur les plate-formes qui conduisent aux wagons précédents et suivants. C'est comme un RER un jour de grève... sauf que le trajet dure 15 heures, de nuit !
vendredi 7 octobre 2011
Photos du Kyrghyzstan (suite et fin)
Google et le gouvernement chinois n'entretenant pas de très bonnes
relations, nous n'avons pas réussi à charger nos photos sur Picasa
depuis notre arrivée en Chine... Nous avons également beaucoup de
difficultés à nous connecter à notre blog, lui aussi hébergé chez l'ami
Google...
Nous avons finalement trouvé une autre méthode pour vous faire partager
nos photos :
http://www.dropbox.com/gallery/22924853/1/20110925%20-%20Kyrghyzstan%202%20selec%20Blog?h=6fe24c
Flash-info rapide : nous avons passé la frontière Kyrghizstan/Chine il y
a 2 semaines, et sommes ensuite arrivés à Kashgar. Après 5 longues
journées de train, et une étape à Xian (le point de départ de l'ancienne
Route de la Soie), nous voilà déjà à l'autre bout de la Chine, à Shanghai.
A très bientôt pour un récit plus détaillé de cette traversée "express" !
Thomas et Elise
jeudi 29 septembre 2011
Derniers cols avant la Chine...
Des cailloux, de la poussière et de la tôle ondulée
Lorsque nous quittons le paradisiaque Song Kol, c'est pour emprunter une longue et mauvaise piste et rejoindre, via Kazarman et Jalal Abad, la vallée de Fergana. Et, de là, la Chine.
On commence par dévaler 600 mètres d'un coup sur une piste qui vient dessiner une trentaine de lacets dans le versant abrupt de la montagne. A mesure que l'on descend, le revêtement empire, les cailloux en forme de galets envahissent la piste. On poursuit notre descente tant bien que mal et arrivons finalement en vue de la large vallée de la Naryn. Au village de Kutka, on s'arrête déjeuner d'un bol de lagman, et faisons quelques provisions : quatre paquets de nouilles chinoises, 1 litre de confiture, deux sacs de biscuits secs.
On poursuit notre route vers Kazarman. La piste est si insupportable que parfois il vaut mieux la quitter et rouler sur le sol aride de terre craquelée qui la borde, au milieu des buissons épineux, en suivant d'hypothétiques traces de chevaux et de véhicules.
Le lendemain, on doit grimper un col à 2800m, puis redescendre. Puis remonter de 300m. Puis redescendre. Cette piste est un enfer. Nos petits vélos sont sales comme jamais (et nous aussi!) ; la poussière s'incruste dans toutes les parties sensibles. Nous prenons le pli de les dépoussiérer soigneusement tous les soirs, armés d'un chiffon et d'une brosse à dents. Nettoyer la transmission est le minimum syndical, mais un coup sur les freins et les câbles ne fait pas de mal non plus...
Nous trimbalons plus de 10 litres de flotte avec nous, car l'eau est ressource rare sur cet itinéraire. Nous croisons une rivière dans l'après-midi, nous y faisons le plein et nous lavons tous les deux presque entièrement. Nous filtrons toute l'eau que nous buvons, ce qui représente un petit exercice physique supplémentaire qui vient agrémenter nos pauses : faire passer trois litres d'eau à travers un filtre à céramique de 0,2 microns nécessite un peu d'huile de coude !
Les kilomètres défilent lentement, trop lentement. En montée, on ne dépasse guerre les 5 ou 6 km/h, et maintenir le vélo en équilibre entre les cailloux et les bosses de la tôle ondulée requiert une attention permanente. En descente, on ne profite même pas, arc-boutés sur nos freins à zig-zaguer sur toute la largeur de la piste, d'un côté puis de l'autre, pour essayer de trouver le meilleur revêtement.
- C'est comment où t'es ? - Pas trop mal !A 17 heures, on a parcouru 55 km, et on est épuisés comme après une journée de 100 km ! On s'est fixé 60 comme objectif. On vise la dernière petite montée, face à nous, et on se prend à rêver :
- Derrière il y a sûrement une prairie parfaite pour camper, avec de l'herbe bien tendre...- Et plein d'autres cyclos qui y font étape ce soir !
- D'ailleurs il y a sûrement une auberge de jeunesse.
- Qui nous servira une bonne omelette aux herbes et aux champignons.
- Et une délicieuse tarte aux poireaux !
- Et de la crème brûlée !
- Et des bières bien fraîches en pression !
- Je sais : derrière ce col, il y a le Bar de la Plage !!
Lorsqu'on passe finalement le petit col, 5 km de descente nous attendent : en bas, une petite maison en terre, toute seule, isolée. Elise prévient :
- S'il n'y a pas de femmes, on ne s'y arrête pas !C'est qu'on a pas spécialement envie de passer la soirée avec un bucheron solitaire alcoolique... Deux chiens aboient lorsqu'on passe, au ralenti, devant la maison. Une vieille dame et trois petites gamines pointent leur nez par la porte et rappellent leurs chiens, puis nous font signe de venir. Une autre femme nous invite au thé ! Voilà, c'est là que nous passerons la nuit ce soir, chaleureusement accueillis et nourris par Burmagül, sa mère et sa belle-soeur !
Le lendemain on passe trois, peut-être quatre petits cols dans la matinée. De ces cols si insignifiants dans le vaste paysage accidenté qui nous entoure, qu'ils ne portent même pas de nom...
On maudit l'abruti de topographe qui a tracé cette route, comme s'il avait voulu prendre un malin plaisir à nous faire grimper sur les versants et redescendre dans les vallons. A quelques kilomètres à vol d'oiseau d'ici coule paisiblement le fleuve Naryn : longer ses berges aurait sans doute été une option bien plus intelligente pour éviter tout ce dénivelé. Le soir venu, on lira dans notre guide que la route fut construite en 1903 par les militaires russes... tout s'explique ! En attendant, on jure, on s'énerve, on dérape, on crie, on maudit l'imbécile de topographe, on se demande ce qu'on peut bien foutre là, mais on avance tant bien que mal...
Enfin, peu après un village, la piste amorce une longue descente pour rattraper la vallée de la Naryn. Nous traversons le fleuve et, enfin, arrivons à Kazarman. La ville s'étale dans de longues rues paresseuses, où déambulent vaches, ânes et chevaux. Ville tranquille, ville morte, ville fantôme ?
On nous indique une maison d'hôtes où passer la nuit : nous toquons, franchissons le portail, et trouvons dans la cour 4 personnes et 2 vélos : Frédérique et Audrey sont deux randonneuses françaises en vacances au Kyrghizstan ; Lorenzo et Lisa voyagent à vélo depuis le Kazakhstan jusqu'en Chine. Il est belge et elle est hollandaise. Soirée improbable mais tellement agréable, à boire des bières sur la terrasse et se raconter nos voyages respectifs...
Retour en vallée de Fergana
Après Kazarman, c'est le col de Kaldama, 3060m, qui nous attend. Sur une piste toujours éreintante, on rejoint le pied de la longue montée vers le col, et bivouaquons là.
Le temps est couvert, plutôt frais, et on est fatigués de cette nouvelle journée de montagne russe sur de la mauvaise piste. De plus, on est pas très satisfaits de notre lieu de bivouac, et un semblant d'inquiétude nous habite en pensant à la difficile ascension du lendemain. Pour couronner le tout, voilà le filtre en céramique qui casse brusquement pendant la rituelle opération de filtrage de l'eau... Décidément, ce soir, c'est bivouac de mauvais poil !
La montée au col, le lendemain, s'avère bien plus facile que ce qu'on imaginait. On arrive au sommet presque surpris, d'autant plus que l'altimètre avait 200 m d'erreur... De l'autre côté, on croise Mat, un cyclo anglais parti de Pékin, en route pour Manchester... On discute longuement sur le côté de la route, puis un petit gamin sorti de la yourte juste à côté vient nous offrir du pain, du beurre et de la crème, du fromage, du thé... Moment magique !
C'est marrant, on a jamais eu une aussi mauvaise piste, et en même temps on a jamais rencontré autant de cyclistes : hier, trois allemands, un espagnol et une anglaise... et Mat nous apprend que deux français en vélo couché le suivent à une demi-journée...
Nuit dans un jardin, puis suite de la descente vers Jalal Abad le lendemain. On a retrouvé le bitume, et filons à toute allure avec le vent dans le dos, sur un agréable faux plat. On dépasse Jalal-Abad, et continuons jusqu'à Ozgen, où nous arrivons avec 100 km au compteur. Le seul hôtel de la ville est correct, si ce n'est que douche et WC ne sont qu'une seule et même petite cabine avec un trou au milieu. La patronne est insupportable, elle nous aboie dessus... vraiment pas accueillant.
Le lendemain nous sommes à Osh, deuxième ville du pays. Dans un petit appartement qui sert d'auberge pas chère pour baroudeurs (4 euros/pers), on rencontre un australien qui est venu de Malaisie à vélo, mais veut poursuivre son voyage à cheval. On est tous un peu les uns sur les autres, mais c'est ça qu'est bien ! Et l'ambiance est bon enfant... On partage notre piaule avec un turc, une japonaise, et avec Adam, un cycliste néo-zélandais.
Au marché, les échoppes incendiées, les murs noircis, les vitres éclatées, les carcasses rouillées des hangars effondrés donnent une triste ambiance à la ville. Osh a été le théâtre d'affrontements sanglants en 2010 entre ouzbèkes et kyrghizes.
Derniers cols avant la Chine
De Osh, il n'y a plus que 4 cols à nous séparer de la Chine. Le col de Chyiyrchyl, 2389m, n'est qu'une formalité. Puis on se dirige vers le col de Taldyk, 3615m. Les chinois travaillent d'arrache-pied pour finir de bitumer la route, et le tronçon le plus haut est encore une piste fort poussiéreuse. Mais quelle surprise nous attend de l'autre côté : face à nous, de l'autre côté de la jolie vallée de Sary-Tash, les hauts sommets enneigés du Pamir s'élèvent à plus de 6000 mètres, dominés par le Pic Lénine, à 7134m.
mercredi 21 septembre 2011
Au pays des yourtes, des chevaux et des montagnes
Juste derrière le col s'étendent des jailoos, ces grandes steppes peuplées de chevaux, de moutons, de vaches et de yourtes. On en peut plus, on bout d'impatience de rouler dans ces étendues. C'est plus fort que nous, alors on craque et on demande au chauffeur, qui ne comprend pas bien pourquoi, de nous laisser là, à 100km de notre destination initiale. En quelques minutes, nos petits vélos sont remontés, et nous, parés de nos vêtements chauds. Avec l'altitude, nous avons perdu plus de 15 degrés. C'est un pur bonheur : on descend tranquillement la route, les yeux grands écarquillés pour découvrir ces nouveaux visages, ces nouvelles habitations, ces nouveaux paysages... Le soir on trouve un joli petit bivouac pour planter notre tente et on se couche en ayant l'impression d'avoir pris un avion.
Après deux jours de repos au lac Song-Kol, nous reprenons la piste pour rejoindre la vallée de Fergana puis la frontière chinoise.
Voila encore quelques photos pour vous faire rêver...
| 20110913 - Kyrghzstan 1 TashKomur SongKol |
mardi 20 septembre 2011
lundi 19 septembre 2011
Photos : Ouzbékistan
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| 20110905 - Uzbekistan |
mercredi 7 septembre 2011
Du Kirghizstan...
vendredi 2 septembre 2011
Tourisme en famille en Ouzbekistan
lundi 22 août 2011
Course contre la montre
Le lendemain, nous filons comme l'éclair dans un désert de sable et de caillasse, sur un bitume impeccable. Deux camionneurs nous interpellent et nous offrent une pastèque... Amusant, pour notre premier jour en Iran, nous nous étions également fait offrir des pommes sur la route...
Nous faisons la connaissance de Bakhtir, qui nous conduit dans un hôtel pas cher où il vient de passer la nuit. Le prix (6 manats/personne, soit 1,5 euros!) est à la hauteur du standing de cet hôtel délabré : pas de salle de bain, mais deux trous séparés d'une planche de contreplaqué font office de WC communs. Au mur, un tuyau en PVC pendouille, il est équipé d'une vanne et sert de robinet. Dans les chambres, les vitres ont les carreaux cassés, la porte n'a ni serrure ni poignée, et on dort sur de vieux sommiers à ressorts, couverts d'une couche et d'un drap à la salubrité douteuse.
Nous atteignons le poste frontière turkmène à 8 heures, c'est l'ouverture. Une petite foule bigarrée de femmes en robes colorées et d'hommes en tenue du dimanche s'est massée devant la grille. Les soldats turkmènes arrivent prendre leur service et laissent filtrer les gens un par un, en entrouvrant le portail, après avoir vérifié leur passeport.
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| 20110820 - Mashad-Tashkent |
dimanche 21 août 2011
Photos : Iran, de Tabriz à Mashad
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| 20110816 - Iran |
Photos : d'Erzurum à la frontière iranienne...
En Iran il nous était impossible d'accéder à Picasa pour mettre nos photos en ligne... Au Turkménistan, impossible d'accéder à Internet tout court...
Rassurez-vous, nous voici maintenant en Ouzbekistan, et dans la capitale s'il vous plait : ici Internet fonctionne (à peu près) correctement.
Voici une première série de photos, avec les derniers jours en Turquie et le passage au pied du mont Ararat...
Bon diaporama !
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| 20110731 - Turquie 7 Erzurum Dogubeyazit Ararat |
mercredi 17 août 2011
Le tchador et l'anti-filtre
Après la Turquie des champs, nous sommes partis à la découverte de l'Iran des villes... Nos petits vélos ont quant à eux fait route à part : ils ont voyagé seuls, comme des grands, dans un train pour Mashad à l'est de l'Iran, où nous les avons retrouvés après 2 semaines de tourisme dans les magnifiques cités perses d'Esfahan, de Shiraz et de Yazd.
De ville en ville nous avons été accueillis par des couch surfeurs iraniens, tous plus gentils les uns que les autres, et constamment prêts a rendre service. De jeunes couples trentenaires en familles traditionnelles, nous avons essayé de mieux percevoir le quotidien de tous ces individus ayant vécu une révolution, une guerre de 8 ans et actuellement dirigés par un régime totalitaire...
Bienvenue au pays des interdits et de la censure...
De l'interdiction de boire de l'alcool et de se promener avec des jeunes du sexe opposé, à celle de critiquer le gouvernement, en passant par l'interdiction d'installer une antenne satellite pour accéder aux chaînes du monde entier, la liste est longue... « Ici tout est interdit. Je ne veux même pas de vacances car je ne saurais pas quoi faire ! » nous dira un jeune de notre âge.
Sur les trottoirs on croise de très nombreux militaires, policiers et soldats. Difficile de s'y retrouver car il nous semble qu'aucun n'a le même uniforme... Point commun : ils sont le support de l'appareil politique de la République Islamique, et sont donc là pour faire respecter les lois. Nous, touristes, nous ne risquons pas grand chose mais nous avons instantanément ressenti le climat d'angoisse et de méfiance qui règne en permanence.
Vous pensez bien qu'internet est filtré : Facebook, You Tube, mais aussi certains articles du Monde.fr et même notre blog est inaccessible. On ne saisit pas toujours les raisons de ces censures, mais c'est comme ça !
Mais la censure peut peu de choses face à l'ingéniosité des geeks et des pirates de l'informatique. Des « anti-filtres » ont vite été développés, et tous les internautes iraniens ont installé un de ces logiciels pirates qui permet de se connecter à Internet au travers d'un serveur proxy distant, doté d'une adresse IP étrangère et qui ne subit donc pas le filtrage...
...où la religion est omniprésente...
Qu'on l'aime ou ne l'aime pas, la religion est partout : avec les minarets des mosquées dominant les paysages, les portraits des éminents imams Khomeyni et Kameni placardés à chaque coin de rue, avec les tchadors et les voiles habillant les femmes, avec les mollahs monopolisant les chaînes de télévision.
Un jeune architecte nous a dit : « Ici tout est lié à la religion même la construction de toilettes ! Il est interdit de les orienter dans le sens sud-nord de peur de montrer ses fesses a la Mecque ! ».
Pour autant, la plupart de nos rencontres en Iran ne correspondent pas exactement aux clichés qu'on peut se faire de la population de la République Islamique... mais elles sont représentatives d'une certaine frange de la jeunesse iranienne, à Téhéran ou dans les autres grandes villes du pays. C'est cette jeunesse dépeinte dans les Chats Persans, ou dans Persepolis, qui haït son gouvernement, écoute du rock et garde de la vodka au frigo.
66% des iraniennes affirment ne pas aimer porter le voile (ce que je comprends encore plus maintenant) et seulement 10 % de la population ferait le ramadan. Qu'en conclure en termes politiques ? Pas grand chose, dans la mesure où, contrairement à leur régime, certains iraniens savent marquer la différence entre leur foi et leurs idées politiques. D'autres non : 'Je ne fais pas le ramadan, je suis socialiste !'
...et le changement politique, pas pour tout de suite !
La grande majorité des gens en Iran sont déçus par le gouvernement, mais, d'après certains de nos hôtes, bien peu d'entre eux sont suffisamment éduqués et ouverts sur le monde extérieur (Internet, TV étrangère, livres...) pour se rendre compte du caractère particulièrement autoritaire du régime des mollahs, par rapport aux autres pays. Impossible pour eux d'imaginer des alternatives.
« Le changement est possible, mais il prendra du temps. La dernière révolution datant de 30 ans, la prochaine ne pourra pas avoir lieu tout de suite ! » nous dira Mehmet.
D'autre part, beaucoup de jeunes ont été échaudés par les mouvements de 2009, où ils ont perdu des proches, assassinés par la police ou par les milices révolutionnaires. Vu la brutalité du régime, les jeunes ne sont plus forcément prêts à risquer leur vie pour tenter l'impossible.
Trop de gens encore en Iran n’aspirent pas au changement. Au mieux, un basculement politique et un changement de présidence est possible... Ahmadinedjad devra peut-être passer la main. Mais la chute de l'indéboulonnable Guide Suprême, et du régime des mollahs, qui contrôle aussi toute l’économie du pays, ne semble pas être pour demain.
Lorsque l'on évoque le printemps arabe, les avenirs probables pour l'Egypte, pour la Tunisie, pour la Syrie, les iraniens ne se positionnent pas. Ils attendent de voir qui prendra le pouvoir là-bas avant de juger le caractère positif ou négatif de ces révolutions. Ici plusieurs milliers de personnes ont soutenu la révolution en pensant que ce ne pourrait pas être pire que sous le Shah, et pourtant...
Et les femmes dans tout cela ?
Après quasi trois semaines passées en Iran, j'ai hâte de quitter ce pays où l'on vous fait bien comprendre que vous êtes toujours inférieures aux hommes (ce qui est noté textuellement dans le Coran) et où on tente de vous rendre invisible.
Déjà il y a le voile, toujours là pour vous cacher les cheveux et surtout vous faire transpirer. On aperçoit tout de même un certain nombre de jeunes iraniennes qui le porte « à la rebelle », en laissant largement dépasser une mèche de cheveux, voire la moitié de la chevelure... En revanche toute femme se doit de porter un vêtement long qui cachent les bras, le décolleté et les fesses : inutile de venir en Iran pour reluquer les fesses des filles...
Le ressenti de chaque femme par rapport à ces tenues de rigueur se trahit dès qu'on quitte l'espace public pour rentrer dans l'espace privé : la plupart des femmes que nous croiserons, à Tabriz, à Esfahan et à Shiraz, se débarrasse de leur voile dès le seuil de la porte franchi, et troque bientôt la longue tunique pour des habits légers et courts bien plus adaptés à la chaleur de l'été iranien.
Mais il y a aussi le tchador. Ce long voile noir que certaines femmes maintiennent serré dans leurs mains, ou entre les dents lorsqu'elles ont les mains prises, les recouvre de la tête au pied et ne laisse dépasser que l'ovale de leur visage, Ainsi enfermées, elles ne sont plus que l'ombre d'elles mêmes, et leurs silhouettes noires qui glissent sur les trottoirs sont parfois attristantes.. J'ai porté le tchador lorsque nous sonnes allés visiter le mausolée de l'un des douze imams de l'islam chiite...un grand lieu de pèlerinage où il n’était pas question de venir sans ce déguisement. Comme je me suis sentie mal a l'aise et soumise dans cette tenue !
Plus déconcertant que les tenues, il y a les codes de conduite. Dans les bus, ne pensez même pas vous asseoir n'importe où : le bus est séparé en deux parties. Les hommes montent à l'avant, et les femmes à l'arrière. Le bon musulman ne doit pas serrer la main à une femme ne faisant pas partie de sa famille, ni s’asseoir à ses cotés, ni même la regarder dans la yeux... Thomas a le droit à de chaleureux accueils tandis que moi je suis comme invisible. A se demander si j'ai la peste...
L'Iran pendant le ramadan
Se passer de boire, de manger, de fumer, de rire du lever du soleil (4h10) à son coucher (19h45)... Voila ce que tout bon musulman est censé faire pendant le mois du ramadan.
Ici, il a commencé un jour après les autres pays musulmans. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que les hauts responsables religieux du pays ont décidé de montrer au monde entier que l'Iran est différent des autres pays !
Apparemment le jeune n'est suivi que par 10 % des iraniens. Beaucoup ne font qu'un jeune partiel (ils se privent seulement de manger, mais pas de boire ; ou ils jeûnent seulement pendant une partie du mois).
Dans la rue, partout autour de nous, nous croisons quantité de gens qui suivent plus ou moins fidélement ces préceptes... Bien sûr, les restaurants et les pâtisseries font porte close. Les rares établissements ouverts sont voilés d'un long drap, ce qui permet d'ailleurs de les repérer facilement depuis la rue. Mais on voit aussi des gens pique-niquer dans les parcs, et même, ô hérésie, boire aux fontaines des mosquées !
Le rêve d'émigrer
Qu'ils soient architectes ou géologues, économistes ou ingénieurs, les voisins, les amis ou les cousins de nos hôtes, 95% des jeunes de 20 a 30 ans que nous avons rencontré souhaitent partir étudier, travailler et vivre ailleurs. Ils ont tous un projet d'études quelque part dans le monde.
Ainsi, c'est toute une frange de la population qui n'a plus qu'un rêve, celui de fuir ce pays autoritaire où les libertés sont reniées, où la loi islamique étouffe la population... car dans la plupart des cas, le manque de débouchés professionnels n'est pas la première raison invoquée par ces jeunes pleins d'ambition : c'est bien une immense soif de liberté qui les motive tous à aller vivre ailleurs, en démocratie. Destination favorite : le Canada, pays international pour lequel il est plus facile d'obtenir un visa que pour l’Europe. Mais aussi France, Italie, Suède, Grèce... l'Europe fait rêver.
Ici il est difficile de trouver un boulot : si l'on a pas de contact avec les grandes familles, on est pauvre, et si l'on participe a des réunions à contre courant, on peut se voir refuser la délivrance d'un diplôme (tel que guide touristique)...Quant aux jeunes parents, ils ne souhaitent pas voir leurs enfants être éduqués par des propagandistes. A l’école primaire, les élèves ont 8 livres : 1 de maths, 1 de science, 2 de farsi (la langue) et …. 4 de religion !
Alors que tout le monde veut émigrer vers l'occident, nous nous allons continuer notre route vers l'orient. Nous allons quitter une dictature pour en trouver une autre, le Turkmenistan. Mais nous n'allons pas y rester longtemps, car nous n'avons qu'un visa de transit de 5 jours et nous avons rendez vous avec les parents de Thomas a Tashkent, en Ouzbekistan dans quelques jours.
P.S : Un grand merci a tous pour les commentaires ou les mails : cela nous fait très plaisir
RPS : A venir des que nous aurons une connexion 'normale' , les photos d'Iran et des petites recettes.













