lundi 16 mai 2011

Et de 4000 !


A Brezovica, au Kosovo, le 16 mai, avec Eloi et Matou.

jeudi 5 mai 2011

Salut Serge !

Apres la magnifique traversee de la baie de Kotor (ci-dessus), nos chemins se separent : Serge le quebecois trace tout droit vers l'Est, alors que nous descendons encore un peu vers Bar... Ciao Serge, nous te recroiserons certainement plus loin sur notre chemin !

lundi 2 mai 2011

En Croatie, le peloton s'agrandit !

A la gare centrale de Trieste, nous avons retrouve Eloi et Erell apres un trajet ferroviaire epuisant, tous charges de sacoches et de leurs velos demontes dans de grands sacs, de Guingamp a Paris Montparnasse, de Montparnasse a Bercy, de Bercy a Venezia Mestre et de Mestre a Trieste...
Nous leur reservions un accueil chaleureux sur le quai, deguises en touristes et en chantant l'air de "Ho fame vorrei mangiare banana", un fameux tube italiano-creole des annees 50, d'ailleurs recemment repris par un jeune groupe breton plein d'avenir !

Apres notre petite escale touristique a Venise, nous reprenons donc la route a quatre, pour passer successivement les frontieres slovenes et croates. Rouler a 4, c'est vraiment genial ! 

                                                                                                        

En Istrie, nous sommes accueillis chez Daniel, un flutiste americain qu'Elise avait rencontre en Irlande, qui travaille en Norvege et partage sa vie avec une croate, Lydia. Vive le multiculturalisme !

Lydia est directrice du musee etnographique de Pazin, dont elle nous ouvre les portes en ce lundi de fermeture. Un bon plan pour decouvrir l'histoire complexe de la peninsule istriene, parcourue de vagues d'emigrations successives.

En arrivant a Zminj, premier pepin technique serieux (ah, chouette, enfin un imprevu dit Thomas !) : la jante de la roue arriere de Buzuk se fend, un incident majeur qui nous incite a commander tout de suite deux nouvelles roues plus solides, en prevision d'une eventuelle rupture de l'autre jante (statistiquement probable). Elles nous seront normalement bientot livrees par DHL a Tirana, en Albanie.
En attendant ces robustes nouvelles roues, Elise roule deux jours sur la roue endommagee, puis nous rachetons a Zadar, grace a un tres gentil vendeur de velo, une nouvelle roue arriere temporaire, d'occasion, pour la modique somme de 100 kunas (15 euros). 


Notre descente de la Croatie est un agreable melange d'iles et de villes, de littoral et d'interieur des terres, de bateaux et de velo...

Apres l'Istrie, nous parcourons successivement les iles de Creš, Lošinj, puis Korčula : thym et romarin, figuiers et orangers, vignes et oliviers... et la mer, la somptueuse Adriatique d'un bleu saisissant qui vient lecher le pied de ces iles montagneuses. Car les iles croates, detrompez-vous, c'est tout sauf plat !

Dans ces paysages accidentes, et sur les sols secs et caillouteux, la recherche de bivouac se fait plus delicate. Surtout que maintenant, ce n'est plus une tente qu'il faut chercher a caser discretement et confortablement, mais deux !
Trois meme, depuis que nous avons rencontre Serge, ce sympathique quebecois-geometre-cyclo-voyageur de 27 ans, parti de Bruxelles il y a un mois, et en chemin pour l'Australie. Serge fait route avec nous depuis Mali Lošinj, ou nous l'avons croise en attendant le ferry pour Zadar.
Des cyclistes qui se croisent, c'est comme des animaux, commentera Elise par la suite : on s'apercoit, on se devisage en silence et on s'examine de haut en bas pour identifier le genre de velo, la marque des sacoches et le type de derailleur... Puis on essaie de deviner d'ou vient l'autre (allemand? americain?), jusqu'ou il voyage (Athenes ? Istambul ? Jerusalem ?) et en quelle langue lui dire bonjour...
Entre deux iles, nous traversons aussi de somptueuses villes : nous visitons successivement, plus ou moins rapidement, Zadar, Split, Šibenik, puis Dubrovnik, ou nous sommes arrives ce matin sous la pluie. Palais, eglises, et ruelles de marbre, toits de tuiles oranges... des villes chargees d'histoire, des rois croates jusqu'a la guerre d'independance en 1991, en passant par la domination par l'empire venetien qui en a beaucoup marque l'architecture et l'urbanisme.

Entre Zadar et Šibenik, une incursion dans l'interieur des terres nous permet d'eviter la route littorale tres frequentee et ses infrastructures touristiques, et de decouvrir un autre visage de la croatie : maisons en ruine, villages qui suintent la pauvrete, petits troupeaux de brebis au milieu des oliviers, gardees par des enfants en fripes ou des vieilles femmes en fichu noir... Contraste saisissant avec la cote, a quelques kilometres a peine de la...

Korcula
Une banane a Split !
Apres 2 semaines, nous voila donc arrives a Dubrovnik, la perle de l'Adriatique, ou nous faisons escale pour une nuit a l'auberge de jeunesse avant de repartir vers le Montenegro, l'Albanie, et la Macedoine. A suivre donc...

lundi 25 avril 2011

Et de 3000 !


Sans le parc national de Krka, pres de Sibenik, en Croatie
passage des 3000 km, avec Erell, Serge, Eloi... et Alex, la jante maudite !

jeudi 14 avril 2011

Le Doge, Lavazza et les asperges blanches

A Badoere, il y avait la fete des asperges blanches. Mais on etait un mois trop tot. On a rate ça. Dommage... Pour se consoler, on est donc finalement allés voir Venise.



Venise en travaux, des echafaudages pleins les monuments, et des pubs pleins les echafaudages. On est heureux d'apprendre que Toyota sponsorie la refection du Pont des Soupirs tandis que Lavazza finance le ravalement de la bibliothèque Marciana. Bienvenue dans le monde de demain.




Venise, zero autos mais tout de meme quelques embouteillages sur le Grand Canal : gondoles, vaporeto, barques prives, canots taxis, vedettes de police, bateaux-travaux, barges utilitaires et peniches de livraison jouent aux bateaux tamponeuses.


Mais sinon, Venise, c'est tout de meme tres beau... et, y'a pas a dire, le vaporeto (le bateau-bus venitien), ça change du velo !
Demain matin direction Trieste, où l'on a rendez vous avec deux amis, Eloi et Erell, pour poursuivre l'aventure sur la cote croate...

dimanche 10 avril 2011

Les Dolomites, de cols en cols.

On nous avait beaucoup parlé des Dolomites, un massif montagneux du Nord-Est de l'Italie, caractérisé par des sommets en forme d'aiguilles. Nous n'en attendions pas autant ! Pour Thomas, ces paysages ont été le premier coup de coeur du voyage et pour Elise, les vraies premières sensations d'efforts physiques... Et oui, pour apprecier la région, il fallait prendre un peu de hauteur, et c'est ce que nous avons fait en passant 4 cols à plus de 2000 m d'altitude !
Voici un petit aperçu en image des paysages de la semaine... mais c'est encore mieux en réalité !

 5 avril, Soraga, Trentino.
Lever de soleil sur le massif de la Sella, dans les Dolomites.



 D'epingle en epingle, on s'eleve lentement...







 Bivouac a 1800m, entre le col de la Sella et le col de Gardena. Vue imprenable, et tranquilité assurée !







Valparola, Tre Croci, Cibiana... les cols se suivent et ne se ressemblent pas !

dimanche 3 avril 2011

Et de 2000 !

C'est l'heure de la visite technique...


Notre velo-velo quotidien...

Peu a peu, alors que les kilometres defilent et que les journees se succedent, on vient a organiser notre petite vie quotidienne de cyclo-voyageurs :

Les journees commencent si possible pas trop tard car, que l'on soit au bureau ou dans les champs, en rando ou a velo, c'est le matin que l'on est le plus efficaces ! Donc debout avec le soleil vers 7h lorsqu'on bivouaque (sans reveil tout de meme), ou debout en meme temps que nos hotes lorsque nous sommes accueillis...
La carte tourne tous les jours: un jour c'est l'un qui mene et qui gere l'orientation et l'itineraire... le lendemain c'est l'autre.
Thomas a revu l'organisation de ses sacoches, et s'est encore deleste de 3 kg (notamment en terminant le bouquin de Ken Follet entame a Paris...) qui ont ete renvoyes par colis a la famille...
Au cours de la journee, on s'arrete regulierement pour s'approvisionner dans les petits commerces, decouvrir les specialites du coin - comme cette fameuse bruscietta, qui nous tient depuis 3 jours deja !


Combien de kilometres par jour ? C'est la question recurrente, a laquelle nous n'avons pas de reponse definitive ! Disons, entre 40 km les jours vraiment cool (ou s'il y a une grosse ascension au programme), et plus de 100 km les jours ou on est vraiment obliges (en fonction de l'etape prevue le soir)... mais on essaie d'eviter les "journees de plus d'un siecle" !
 
 


Depuis notre arrivee en Suisse, sur le lac de Neufchatel, nous avons progresse de lac en lac : lac de Thun, lac de Brienzer, lac Majeur, lac de Lugano... ici le magnifique lac de Come, que nous avons traverse en bateau !


Le soir venu, la recherche du bivouac est une etape critique qui peut faire l'objet de longues discussions : la, ca va ? Suffisamment discret ? A l'abri, confortable ? Ou on continue ? Mais est-ce qu'on trouvera mieux plus tard ? Au final, c'est toujours le resultat d'un compromis discretion-confort / fatigue-envie de se poser...

Le montage de la tente, l'allumage du bruleur, la popote... on ne veut affecter personne a chacune de ces taches, alors on se relaie, on essaie de changer chaque jour.
Le choix de l'itineraire pour le lendemain, ou pour la semaine a venir, doit faire l'objet d'une longue concertation... En effet les mauvais choix peuvent etre tres regrettables, comme par exemple l'affreuse vallee de Sondrio que nous nous sommes tapes pendant une journee entiere, alors qu'en etudiant mieux l'itineraire et en discutant davantage nous aurions plus la contourner...

Lorsque nous avons acces a Internet, il y a la prise de contacts avec les etapes suivantes, qui prend pas mal de temps. Pareil, on essaie de se partager cette quasi "corvee" : nous utilisons trois sites Internet, Couch Surfing, Hospitality Club, et Warm Showers, qui nous permettent de contacter des gens qui habitent sur notre itineraire, et qui sont prets a nous accueillir gratuitement. Nous etions deja inscrits depuis longue date en Bretagne, et avons recu plusieurs voyageurs a la maison de cette maniere...

Les soirs ou nous sommes accueillis ainsi, nous en profitons pour nous doucher (ah que c'est bon !), faire un peu de lessive, et bien sur, surtout, profiter de ces rencontres plus riches les unes que les autres : Serena et Gabriel a Druogno, Urs et Therese pres de Ponte Tresa, Emmanuela et Georgio a cote de Trento... autant de personnes differentes, du coiffeur au docteur, de l'informaticien a la prof de yoga, avec un point commun : l'ouverture sur l'autre et sur le monde. Alors que tant d'autres nous auraient ferme leur porte...



A velo avec Gabriel et Serena, ou autour d'un far breton avec Emmanuela et Giorgio...
 

Une sorte de routine de l'extra-ordinaire qui prend forme ? Peut-etre, on espere pas, mais en tout cas on prend conscience que la reussite au quotidien d'une telle aventure repose sur un dosage subtil : il s'agit de marier dans les proportions adequates les ingredients suivants : spontaneite, audace, improvisation et reactivite, mais aussi preparation, organisation et anticipation.


Il va sans dire que la recette est propre a chacun, et que l'elaboration d'une recette de couple est un defi supplementaire... que nous relevons plutot bien pour l'instant !
 

La Lombardie, de la Revolution Francaise a la crise des subprimes...

En 1870, alors que s'achevait la guerre franco-prussienne qui fit perdre a la France l'Alsace et la Lorraine, nous franchissions le col d'Aprica, 1181m, apres une ascension eprouvante depuis notre bivouac dans un petit jardin public en bordure du bourg de San Giacomo.
Une petite heure plus tard, apres une longue et agreable descente (s'il n'y avait pas eu ce fichu vent de face), nous devorions a pleines dents notre casse-dale fait de salade, de bruscietta (un espece de saucisson de cheval, delicieux, une specialite de la vallee de Sondrio) et de pates au pesto, alors que l'humanite venait d'entrer dans le dernier siecle du millenaire.

Une fois repartis, c'est au milieu de la montee vers le col du Tonale que l'archiduc Francois Ferdinand, heritier du trone d'Autriche, etait assassine a Sarajevo.
La premiere guerre mondiale fut longue, tres longue, alors que le soleil baissait, que le relief s'elevait, et que les lacets de la route se resserraient... Mais une fois arrives au col, a 1880m de haut, l'armistice avait ete signee, et le monde traversait deja, apres un krach boursier historique, sa premiere crise financiere.


Collants, gants, sous-gants, sur-chaussures, cagoules... c'est bon, on est pares pour la descente !

Le lendemain, apres un sommeil reparateur, nous sommes redescendus dans la vallee de Vermiglio et les annees se succederent a une vitesse folle. Alors que les francais goutaient pour la premiere fois aux delices des conges payes, nous repassions sous les 1500 m d'altitude. La deuxieme guerre mondiale passa comme un eclair, a plus de 40 km/h de moyenne.

C'est bien connu: le premier jour, le bon Dieu crea la terre ; le deuxieme, la mer, les lacs et les rivieres ; le troisieme il crea les montagnes, et le quatrieme... les routes qui en descendent ! Yahoo !!

La montee suivante, dans le Val Meledrio, en direction du col de Campo Carlo Magno, allait nous faire traverser les annes folles, puis mai 68, en plein dans une epingle, et enfin, a l'arrivee au col, les deux chocs petroliers.

Ca en revanche, c'est tres courant en montagne aussi...
mais ce serait plutot une oeuvre du diable:
bouh, les terribles tunnels !

Il en fut ainsi de suite tout le jour jusqu'a ce que nous atteignions enfin Trento, apres une journee qui avait dure plus d'un siecle, et plus de 2011 km au compteur sur lequel Thomas avait les yeux rives depuis hier, a reviser ses cours d'histoire...

Un compteur qui indique la date ?? ...
ou quand les kilometres rattrapent le temps present...

mardi 29 mars 2011

Stupéfiante Suisse...

Ciao ciao la France ! Nous avons passé la frontière Suisse lundi dernier et ça nous a fait plus d'effet que ce que nous imaginions... D'un coup, au détour d'un col et d'une petite cahute faisant office de poste frontière, tout change : l'accent des gens, la signalisation routière, les enseignes des magasins et les produits qu'on y trouve, la monnaie, les affiches de campagne électorale ... et meme les claviers des ordinateurs !... Bref, autant de petites choses qui font que l'on se sent partis !


Après une semaine passée en Suisse, nous pourrions dire que si la Suisse était :

- une famille, ce serait celle d'Olivier, Christiane et Sylvain, qui nous ont accueilli chaleureusement à la ferme à Chavannes-le-Chesne, puis à Fribourg, et qui nous ont fait partager avec passion leurs connaissances sur le pays.

- une langue : ça n'en serait pas une mais trois, le français, le suisse-allemand (un espèce de dialecte incompréhensible, mélange subtil d'allemand, de néerlandais et de hongrois - écoutez donc Stephan Eicher pour vous faire une idée...) et l'italien, qui sont les trois langues nationales parlées chacune dans une région du pays.

A Fribourg, la Sarine marque la frontière entre la suisse romande et la suisse allemande. C'est ce qu'ils appellent "la barrière de Rösti" (le rösti est un plat de pommes de terre et de fromage) : d'un coté on en mange en parlant allemand, et de l'autre on mange de la fondue et on parle français !

- un paysage, ce serait forcément une carte postale !  Par exemple un magnifique lac entouré par les  Alpes aux sommets enneigés et parsemés de chalets en bois.


- une initiative politique : le système de votation (la population est consulté 5 à 6 fois par an pour trancher sur des questions importantes : les retraites, le nucléaire...) ce qui leur permet d'etre très sereins par rapport à leur gouvernement.

- une initiative d'aménagement du territoire : l'incroyable signalisation des itinéraires cyclables et de randonnées pédestres couvrant tout le pays... pas moyen de se perdre ici !

 
Pour passer d'Interlaken au Vallais, nous avions prévu de passer le col du Grimsel (2165 m). Mais à cette période, il est encore fermé pour cause de neige ! On a donc emprunté le tunnel ferroviaire du Lötschberg, à bord d'un train qui embarque voitures, vélos, motos : 12 minutes dans un tunnel sous 2500 m de cailloux... Impresionnant !

- une météo : un énorme ciel bleu et un soleil plombant (nous avons pris nos premiers coups de soleil !)

- un plat : ce serait évidemment la fondue suisse, 50% gruyère, 50% emmental... Miam miam !

- un bon conseil : ce serait celle de Sylvain, " Surtout, après avoir monté un col, profitez  des paysages qui défilent devant vous, alors freinez à fond et descendez tranquillement..." (conseil consciencieusement suivi en descendant le col du Simplon).


- une anecdote: l'un des cols que nous avions prévu de passer (Grimselpass) est encore fermé... Heureusement, les locaux nous ont prévenu avant d'entamer la cote ! Les changements d'itinéraires ne font que commencer !

Le col du Simplon, 2005 m d'altitude... juste avant de descendre sur l'Italie... Merci aux chanoines qui nous ont hébergé à l'Hospice, en compagnie des skieurs...

Voila pour les superbes souvenirs suisses, et maintenant Tschüss Schwitzerland et Buon giorno Italia !